Inspiration...
L'enfant est seul dans un escalier, recroquevillé
Des larmes ruisselantes, des sanglots à fendre l'âme.
Expiration...
L'enfant crie sa rage et sa tête cogne la marche d'escalier,
Et la cogne encore, et encore ; jusqu'à ce que la main le relâche.
Inspiration...
L'enfant est couché dans son lit par l'horreur tétanisé
L'obscurité éclipsant le membre fouillant ses entrailles.
Expiration...
L'enfant est à l'isolement dans une chambre, enfermé
Il a faim, mais personne ne lui apporte de victuailles.
Inspiration...
L'enfant s'est allongé au milieu du sentier
Il a roulé un lourd rocher sur son ventre.
Expiration...
L'enfant se projette violemment contre les barreaux d'acier
Pour se disloquer contre, faute de se glisser entre.
Inspiration...
L'enfant est nu, les yeux fous, avec les autres alignés
Sur son visage une marque, celle de cinq doigts rouges.
Expiration...
L'enfant cherche à rester en apnée, il lui faut patienter
Que tout cela cesse enfin, que cela cesse pour toujours.
Inspiration... Expiration.
Maintenant, tu es là pour prendre soin de cet enfant, il n'est plus tout seul.
RépondreSupprimerJ'essaie de m'y atteler (d'où ce blog pour exorciser le mal en moi). Ce n'est pas facile, parce qu'il existe des restrictions à ma narration qui voudrait être directe, crue (non pas par exhibitionnisme mais pour nommer la réalité sans artifice). Merci de ta phrase, vu "qui" tu es et ce par "quoi" tu es passée dans ton cheminement difficile. Belle journée.
SupprimerLa chanson d'H-F Thiéfaine est ce que je perçois de toi Jiru. Les chants de Maldoror de Lautréamont m'avaient fascinée à une période instable de mon adolescence. Un chaos intérieur difficile à définir. J'avais du mal à évoluer dans un monde "normal" dont je me sentais étrangère, incompatible, qui me donnait le vertige. Aujourd'hui, je n'ai plus envie de penser à ce moment douloureux...
RépondreSupprimerMyrte. C'est bien ainsi que je me perçois aussi "dingue et paumé". J'ai découvert H.F. Thiefaine pendant mon service militaire en tant qu'appelé. La chanson résumait mon état mental et quarante-trois ans plus tard, je me rends compte que je n'ai pas évolué. Je n'ai jamais eu envie de penser encore et encore à ces moments ; ce sont eux qui pensent à moi et qui se sont installés dans les instants de chaque jour... Merci de ton passage.
SupprimerDepuis, l'enfant devenu grand écrit de très beaux textes. Cela au moins n'a pas été détruit.
RépondreSupprimerMme Chapeau. Ca fait quelques temps que vous me lisez et je vous en remercie. Mon écriture est apparue très tôt dans mon enfance, une manière de coucher sur le papier ce que ma gorge était incapable d'extirper. En grandissant, elle a prit une petite maturité et un sens critique pour ne pas trop se perdre, mais les émotions sont terriblement douloureuses. Douce journée à vous.
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