(Le sujet central, ici, n'est pas la pauvreté, ni une classe sociale particulière, mais la responsabilité individuelle et les conditions qui la renforcent ou l'affaiblissent.)
Je suis un prolétaire, issu de trois générations d'indigents. J'ai fait des dizaines d'emplois sous-payés, parfois non payés, et je me suis retrouvé S.D.F. pendant trois saisons consécutives, acceptant n'importe quel travail pour survivre, dormant dans les fossés enneigés, tétanisé par le froid et l’âme en peine. Je me suis privé de tout : nourriture, santé, vêtements, et j'ai appris à faire avec le peu à ma portée. Je suis resté dans la précarité en partie par mes fautes. Ceci, c'est mon point de départ de ma réflexion. Ce n’est pas une preuve !
Dans mes années comme agent de prévention et de sécurité, j'ai vu la profession changer, se structurer et s'encadrer. Mais ce qui n'a pas changé, ce qui me répugne profondément après trente ans, c'est la malhonnêteté, la lâcheté et le refus permanent d'assumer ses actes chez certains. J'ai toujours vomi ces gens pris la main dans le sac en train de voler, qui se font pincer et qui osent jouer les victimes en accusant les agents, les magasins ou le système.
Et ça continue encore et toujours. Ce matin encore, j'entends aux micro-trottoirs des individus qui se servent dans des magasins vandalisés en crachant ces mensonges éhontés : « Ce n'est pas moi qui ai cassé, je profite juste que c'est gratuit ».
Ça me fout la haine. De quel droit ces gens-là, par pure lâcheté et médiocrité, décident-ils unilatéralement de ce qui est « trop cher » ou « abusé » ? De quel droit se permettent-ils de tout piller, de voler sans honte au détriment de ceux qui respectent les règles ? Je refuse d'entendre leurs salades, je refuse de comprendre leur raisonnement de profiteurs. J’inclue dans ce raisonnement ceux et celles qui décident de faire les poches des mieux lotis qu’eux, alors qu’ils ne se donnent pas la peine à l’effort ; qu’en bien même ils le feraient.
On m'a éduqué dans une époque où on m'a appris à ne pas « péter plus haut que son cul ». Quand on n'avait pas les moyens, on se bougeait, on suait pour les obtenir, et si on n'y arrivait pas malgré les efforts, on serrait les dents et on renonçait. Aujourd'hui, on a élevé des générations dans le culte du « tout tout de suite », dédouanées de tout effort et de toute rectitude par des discours laxistes. Voir cette décadence morale s'étaler sans vergogne me donne la nausée.
Ça me rappelle ce reportage, entendu il y a des années, où une S.D.F. interviewée par un grand média balançait aux donateurs qui l'Aidaient : « J'en ai marre de manger des pâtes et des conserves, donnez de la viande ! »
Cette phrase résume tout : le mépris de l'effort, l'ingratitude crasse et l'oubli total de ce que coûtent les choses. Quand on a connu la misère, celle qui vous tord le ventre sans même un répit, voir des individus piétiner la dignité de l'effort avec autant d'arrogance me provoque un dégoût profond.
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
_res.jpg)

.jpg)

.jpg)

.jpg)

.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)

.jpg)
.jpg)

.jpg)
.jpg)

