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lundi 19 octobre 2026

La part qui nous appartient

 (Le sujet central, ici, n'est pas la pauvreté, ni une classe sociale particulière, mais la responsabilité individuelle et les conditions qui la renforcent ou l'affaiblissent.)

   Je suis un prolétaire, issu de trois générations d'indigents. J'ai fait des dizaines d'emplois sous-payés, parfois non payés, et je me suis retrouvé S.D.F. pendant trois saisons consécutives, acceptant n'importe quel travail pour survivre, dormant dans les fossés enneigés, tétanisé par le froid et l’âme en peine. Je me suis privé de tout : nourriture, santé, vêtements, et j'ai appris à faire avec le peu à ma portée. Je suis resté dans la précarité en partie par mes fautes. Ceci, c'est mon point de départ de ma réflexion. Ce n’est pas une preuve !

   Dans mes années comme agent de prévention et de sécurité, j'ai vu la profession changer, se structurer et s'encadrer. Mais ce qui n'a pas changé, ce qui me répugne profondément après trente ans, c'est la malhonnêteté, la lâcheté et le refus permanent d'assumer ses actes chez certains. J'ai toujours vomi ces gens pris la main dans le sac en train de voler, qui se font pincer et qui osent jouer les victimes en accusant les agents, les magasins ou le système.

    Et ça continue encore et toujours. Ce matin encore, j'entends aux micro-trottoirs des individus qui se servent dans des magasins vandalisés en crachant ces mensonges éhontés : « Ce n'est pas moi qui ai cassé, je profite juste que c'est gratuit ». 
Ça me fout la haine. De quel droit ces gens-là, par pure lâcheté et médiocrité, décident-ils unilatéralement de ce qui est « trop cher » ou « abusé » ? De quel droit se permettent-ils de tout piller, de voler sans honte au détriment de ceux qui respectent les règles ? Je refuse d'entendre leurs salades, je refuse de comprendre leur raisonnement de profiteurs. J’inclue dans ce raisonnement ceux et celles qui décident de faire les poches des mieux lotis qu’eux, alors qu’ils ne se donnent pas la peine à l’effort ; qu’en bien même ils le feraient.

   On m'a éduqué dans une époque où on m'a appris à ne pas « péter plus haut que son cul ». Quand on n'avait pas les moyens, on se bougeait, on suait pour les obtenir, et si on n'y arrivait pas malgré les efforts, on serrait les dents et on renonçait. Aujourd'hui, on a élevé des générations dans le culte du « tout tout de suite », dédouanées de tout effort et de toute rectitude par des discours laxistes. Voir cette décadence morale s'étaler sans vergogne me donne la nausée.

   Ça me rappelle ce reportage, entendu il y a des années, où une S.D.F. interviewée par un grand média balançait aux donateurs qui l'Aidaient : « J'en ai marre de manger des pâtes et des conserves, donnez de la viande ! »

   Cette phrase résume tout : le mépris de l'effort, l'ingratitude crasse et l'oubli total de ce que coûtent les choses. Quand on a connu la misère, celle qui vous tord le ventre sans même un répit, voir des individus piétiner la dignité de l'effort avec autant d'arrogance me provoque un dégoût profond.



jeudi 8 octobre 2026

Cinquante-et-un jours plus tard

 


   Le 21 juillet 2026, un imbécile a mis volontairement le feu en garrigue, dans la zone varoise qu'on appelle "le Gros Bessillon"... 

 

   Ce feu durera jusqu'au 18 août, détruisant 5700 hectares de garrigue, de bois et de parcelles agricoles ; des milliers de gens évacués, des maisons entièrement détruites, impactant plusieurs communes et mobilisant pratiquement onze mille cinq cent hommes : soldats du feu, militaires, et bénévoles. 

    Fort heureusement on ne déplore aucune victime humaine. Je préfère éviter de parler des pertes animales.

 

   Je n'aborderai pas le côté judiciaire de l'affaire, la France étant laxiste envers les pyromanes ; et heureusement pour eux, les gens de mon espèce ne gouverne pas l'état français. 
   Je ne m'inquiète pas non plus des indemnisations aux sinistrés ; notre système de solidarité obligatoire "social-communiste" fera en sorte de les dédommager au détriment des autres citoyens.

 

   Malgré l'impact catastrophique, la nature s'en relèvera. Même sans l'aide humaine, elle s'en remettra. Je pense souvent aux écolos qui prennent prétexte que l'homme détruit la nature.

 

   L'homme est sacrément prétentieux pour penser avoir le pouvoir de détruire la nature. La nature sera témoin de notre extinction, quoi que nous fassions. Alors les slogans écolos devraient corriger leurs formules pour être crédibles.

 

   Cinquante-et-un jours après cette calamité, l'odeur de brûlé est vive, presque insoutenable par endroits. Certains accès restent fermés à la circulation, par mesure de sécurité : risque d'éboulements entre autres...


mercredi 9 septembre 2026

La culture française n'est pas chrétienne

   Aujourd'hui, quand j'entends certains chrétiens intégristes proclamer que l'identité de la France est exclusivement chrétienne, je les invite à rouvrir leurs livres d'histoire. Si ces gars-là avaient écouté les cours d'histoire au lieu de reluquer leurs voisines, ils répéteraient assurément moins d'âneries.

   Dans l'Antiquité, le christianisme, né en Palestine, s'est d'abord diffusé en profitant de l'infrastructure de l'Empire romain. La religion chrétienne peut se vanter de s'être infiltrée dans les rouages de la civilisation romaine : politiques, économiques et mercantiles (foncier, fiscalité, monopole intellectuel et commercial), et d'avoir la mainmise sur bien des aspects de la vie antique, puis féodale, dès la première moitié du IVᵉ siècle.

   Lors de l'effondrement de Rome, la Gaule gallo-romaine entre en collision avec les grands mouvements migratoires barbares : Huns, Wisigoths, Saxons, Francs, Alamans et Burgondes.

   Dans ce contexte d'alliances et de trahisons opportunistes, la course au pouvoir est enclenchée avec comme règle universelle : l'unité religieuse fortifie l'unité politique. Du coup, l'influence romano-chrétienne qui date du début du IVᵉ siècle incite ceux qui veulent une reconnaissance politique à se convertir au christianisme, tout comme l'a fait l'empereur Constantin.

   Si on officialise l'entrée de la Gaule dans le christianisme (qui deviendra en partie la France bien des siècles plus tard), la date retenue est celle du baptême de Clovis à la fin du Vᵉ siècle.

   On retiendra que les barbares Francs de Clovis, ces païens, sont les « derniers de la classe » pour s'associer au christianisme ; les autres barbares ayant rejoint le christianisme presque un siècle avant eux. Les fils de Clovis amorceront un mouvement de « nettoyage » en détruisant les édifices païens ; et les descendants pérenniseront le mouvement via des persécutions de-ci, de-là...

   Trois siècles plus tard, Charlemagne achèvera la conversion forcée des Saxons, soumettant par le fer et par le sang ces peuples récalcitrants pour leur imposer le dogme chrétien.

   Donc :

   - Le christianisme est né au Proche-Orient, dans cette même région de Palestine qui suscite aujourd'hui tant de méfiance chez certains nationalistes.

   - Les racines de la France plongent profondément dans des millénaires de cultures païennes, véhiculées par les Ligures, les Grecs et les Celtes, bien avant la romanisation ; et encore plusieurs siècles après l'implantation du christianisme.

   - La culture française ne débute pas avec la christianisation tardive.


Références :

 - "Qui a cassé le vase de Soissons ?" de Michel Fauquier (revue "Mythologie" du 04/2025)

 - "Soissons, Clovis roi des Francs. " de Francis Dréer (revue "Les grandes batailles de France")

 - "Conversion de Clovis." de Bruno Dumézil (revue Sciences Humaines, Une autre histoire des religions p.34-35 du 11/12/2010)

 

samedi 29 août 2026

2e et 3e contact de l'enfant

   Je souhaite continuer en cumulant le 2e et le 3e contact avec les foyers de l'enfance. Bien sûr, chaque foyer fut différent dans sa structure, et semblable dans son fonctionnement. 

   À l'âge de dix ans, après avoir été brutalement rejeté par ma famille d'accueil, ma vie est devenue une suite de ruptures administratives. Mon premier séjour en foyer s'est achevé en juin 1974. Pendant l'été, pour combler le vide logistique de la DDASS, on m'a envoyé en colonie de vacances — simple solution de transit pour un gamin qui venait d'avoir onze ans en ce mois de février. 

   À chaque rentrée scolaire, c'était le même rituel : un nouveau transfert, un nouvel établissement, une nouvelle année à tenir ; et ensuite les colonies durant la période estivale.

   Il faut se souvenir que dans ces années soixante-dix, les pupilles de l'État étaient stigmatisés par la société entière. Cette stigmatisation était institutionnalisée : elle imprégnait l'école, la médecine, les services sociaux, et même les familles d'accueil. Certains adultes se sentaient légitimes à maltraiter ou humilier ces enfants, parce que la société les considérait comme « moins que les autres ». 

   Pour l'année scolaire 1974-1975, le deuxième foyer de l'enfance était tenu par un couple, en plein milieu de la garrigue gardoise. Le gérant était fier de dire qu'il « élevait ses enfants à la dure ». Cela signifiait que les éducateurs avaient carte blanche pour jouer les rôles de tuteurs, comme ceux qu'on utilise pour diriger la croissance d'une plante.

   Nous avions droit, souvent le matin, à une diffusion générale du Chœur des esclaves de Verdi. Quel enfant aura interprété cette chanson lancinante comme une triste ironie de la situation à part moi ? C'était une chanson aussi lugubre que La truite de Schubert diffusée au foyer de Montpellier, ou La valse de l'empereur de Strauss diffusée le dimanche matin par Odette. Pas étonnant que j'eus associé la musique classique aux coups, aux humiliations, aux menaces. 

   L'on nous comptait matin, midi et soir ; si nous ne finissions pas de manger, on ne nous frappait pas comme au premier foyer, on nous privait simplement du reste du repas, nous faisant sortir du réfectoire. Ceux qui recevaient des colis se les voyaient confisqués...

    Nous avions appris à faire des provisions sur chaque repas, de la nourriture qu'on détournait pour anticiper les privations futures. Mais les éducateurs fouillaient inopinément nos placards et s'emparaient de nos maigres provisions... De temps à autre, l'un d'entre nous défilait complètement nu dans tous les dortoirs, son slip sur la tête en bonnet d'âne, escorté par deux éducateurs, un devant et un derrière, pour motif d'avoir menti ou volé.

   Les adultes ne nous cognaient que très rarement, mais les punitions, les humiliations remplaçaient les coups, les gifles... Les éducateurs avaient aussi l'ordre de ne pas intervenir dans les bagarres entre enfants ; du moins, ils n'intervenaient que lorsque le premier sang était versé.

   À la rentrée suivante, en 1975, nouveau décor pour une troisième année de placement. Dans ce troisième foyer, l'environnement était un ancien couvent ; une bâtisse sur trois étages, faite de pierres. Les couloirs étaient étroits et sombres ; tout le premier étage avait des barreaux d'acier aux fenêtres, il y avait une cour intérieure sombre où le soleil ne parvenait pas au sol. La musique a changé alors ; dans la salle principale la télévision diffusait de la pop scandant la joie, comme « Love is all » de Roger Glover And Guests...

   À douze ans, la violence se faisait plus directe : les coups pleuvaient si on soutenait le regard d'un éducateur. Les douches se prenaient ensemble, et les adultes responsables de chaque groupe faisaient mettre les enfants nus en rang à la sortie des douches pour inspecter leurs corps attentivement ; il ne fallait surtout pas relever la tête et croiser le regard de l’adulte. Il met arrivé de sortir de là avec la marque de gifles sur le visage. Le comptage de jour comme de nuit était la norme, nous étions comme du bétail.

   Loin de dramatiser ces faits, nous étions pour la société des enfants « à problèmes, issus de familles défaillantes », socialement inférieurs et porteurs d'une honte sociale qui ne nous appartenait pas. Nous étions à la merci d'adultes qui pouvaient nous ridiculiser, nous humilier, exercer leur pouvoir sans contrôle ni sanction ; les abus sur ces enfants étaient normalisés.

   Les institutions de l'époque ne surveillaient pas les familles d'accueil, ne contrôlaient pas les enseignants, ne protégeaient pas les enfants placés, ne prenaient pas au sérieux les violences psychologiques ou sexuelles. Ce silence permettait à des adultes dangereux d'agir en toute impunité. Rendre coupable la victime, tel était le principe social de ces années d'infamie.

   Alors quand j'entends dire qu'« avant c'était mieux », je serre les poings, je serre les dents et mes yeux virent au gris, je sens gronder la rage en moi que je m'efforce de contenir... 



lundi 24 août 2026

la machine à remonter le temps

    "Les médiévales" sont une festivité dans toute la France. On y découvre un environnement, un cliché englobant les couleurs, les costumes, les musiques d'un autre temps ; avec une pointe de "fantastique", de fantasmes ludiques. Une évasion de bon entrain où les gens s'évadent quelque peu, grâce aux talents de bénévoles et de l'engouement de passionnés.

   Cette année, je me suis même adonné à la boisson des dieux, le temps d'une soirée ; mais cela n'a pas fait de moi un dieu, ni même connecté avec ces derniers... 


 








Chanson médiévale "bretonne" filmée à la "va-vite" (à moins que ce fut à "l'hydromel"...)


mercredi 19 août 2026

vendredi 14 août 2026

La paréidolie

   En errant dans mes clichés numériques, je suis tombé sur une sortie au village de Lacoste, dans le Vaucluse. L’idée était de jeter un œil sur le château du Marquis de Sade, racheté par Pierre Cardin.

   En regardant le cliché, j’ai alors ressenti une paréidolie : il y avait un buste dans une zone que j’appellerais une cour, et en l’observant d’une vue englobante, j’ai sursauté de surprise. Le pan de mur d’enceinte me révélait la moitié du visage gauche du buste, à quelques dizaines de mètres de lui !

   Je ne connais pas le Marquis de Sade, mais il est dit qu’il était un fieffé coquin, pornographe et pédophile, qui torturait ses victimes. En bref, un fieffé salaud selon notre morale du XXIᵉ siècle.

   Je me suis alors amusé, avec cette paréidolie, à imaginer qu’une partie de ce Marquis hantait toujours la place, imprégnant les murs.

   Je soumets deux de mes clichés illustrant cette paréidolie. Il est dit que chacun a sa propre paréidolie.

   Qu’en dites-vous ?

 


  



samedi 1 août 2026

Le bout de papier

   Cela faisait huit heures que l’agent G. était planté derrière les caisses, à surveiller les clients comme un suricate sous caféine. Ses pieds avaient officiellement déposé plainte, mais son visage, lui, affichait encore un enthousiasme suspect, comme s’il venait de gagner un concours de sourires forcés.
   C’est alors qu’elle apparut.
   Une femme blonde, radieuse, majestueuse, accompagnée d’une fillette qui ressemblait à une version “format poche” de la même personne. L’agent G. cligna des yeux. Mais… mais c’est une elfe ! Une vraie ! Peter Jackson, tu as raté un casting, mon vieux !
   Il se redressa d’un coup, prêt à incarner le rôle du Rôdeur des contrées de la Promotion.
   La femme s’approcha, lui adressa un sourire doux, et lui parla. Lui, il entendit à peu près :
   « Bonjour, beau damoiseau des caisses automatiques… »
   En réalité, elle disait probablement quelque chose de banal, mais son cerveau avait décidé de mettre de la magie partout.
   La conversation dura un peu trop longtemps au goût de la fillette, qui commençait à faire des grimaces dignes d’un gnome renfrogné. L’agent, lui, flottait sur un nuage de satisfaction, persuadé que la vie venait enfin de lui offrir un moment digne d’un film.


   Puis, soudain, la femme lui tendit un petit papier plié. Un numéro ? Un mot doux ? Une quête magique ? Il le prit avec la délicatesse d’un archéologue découvrant un artefact elfique.
   Mais la fillette, elle, n’avait pas signé pour ce scénario. Elle attrapa sa mère par le bras et la tira hors du champ comme si elle évacuait un suspect.
   L’agent G. entendit alors leur dernier échange :
   — Qu’est-ce qu’il se passe, le monsieur ne te plaît pas ?
   — Si, répondit la fillette, mais il sent le pipi…


   Silence. Fin du film. Générique. L’elfe disparaît dans la foule, et l’agent G. reste là, tenant son petit papier comme un héros tragique qui vient de se faire éliminer au premier round.
   Il prit la peine de se diriger vers la poubelle publique et de laisser la missive échoir sans même l’ouvrir. 


Suricate au zoo La Barben, Bouches-du-Rhône.

mardi 28 juillet 2026

Sens dessus-dessous

 

 

Image générée par Copilot.

 

   Sacrés Français ! Ils ont ce talent unique pour s’enthousiasmer bruyamment, pour s’auto‑féliciter avec une constance admirable, et pour transformer n’importe quelle annonce en épopée nationale.

   Ce matin, alors que RMC ronronnait en fond sonore, une “information” présentée comme un séisme médiatique est tombée : Zinedine Zidane devenait l’entraîneur de l’équipe de France.
   On aurait dit qu’on venait de découvrir que l’eau mouille ou que le feu brûle.
Je ne m’attarderai pas sur Zidane : je ne le connais pas, il ne m’intéresse pas, et le football encore moins — surtout lorsqu’il se drape dans le bleu-blanc-rouge comme si cela suffisait à lui donner du prestige.


Ce qui m’a réellement interpellé, c’est l’enthousiasme institutionnel. Le Président de la F.F.F. s’est félicité de remettre « la meilleure formation de football au monde » entre les mains d’une légende nationale. Une formule si grandiloquente qu’elle ferait passer les slogans publicitaires pour des modèles de sobriété.


   À cet instant, je buvais du thé vert. J’ai failli le recracher tant cette envolée lyrique semblait déconnectée de la réalité. On peut admirer l’optimisme, mais il arrive un moment où l’optimisme ressemble davantage à un exercice de communication qu’à une observation lucide.


   Comme je ne suis pas le football, ni aucun autre sport, j’ai consulté le top 5 du classement mondial. La France y figure au 4e rang (l’avant‑dernier rang, à égalité avec l’Espagne et l’Uruguay), juste devant l’Angleterre. Et pourtant, on nous parle de « meilleure formation de football au monde ». Il faut croire que certains classements ne sont consultés que lorsqu’ils racontent l’histoire qu’on souhaite entendre ; ou alors, la F.F.F. à mis le tableau des classements… à l’envers !


   Tout cela rappelle les contes pour enfants qu’on nous servait généreusement à la maternelle : des récits simples, rassurants, où tout finit bien et où les héros sont toujours les nôtres. Certains semblent avoir conservé un attachement à ce genre de narration.

   (Je précise que je n’ai aucun sens de la patrie, restant en dehors de tout endoctrinement — à l’exception de celui de ma naïveté.)

 

jeudi 11 juin 2026

Un pas en avant, un pas en arrière


   Dans les années 1990, le réseau téléphonique appartenait à trois compagnies qui imposaient leurs tarifs sans laisser au consommateur le moindre vrai choix, ni dans la qualité, ni dans le service. On apprit bien plus tard que ces trois compères s’étaient entendus pour ne pas se marcher sur les pieds, menant les clients comme on mène des moutons à la bergerie. Un monopole bien malhonnête, au détriment du consommateur, et sans même garantir une qualité décente.

   Une décennie plus tard, une quatrième compagnie fit irruption dans le domaine de la téléphonie et de l’internet. Aussitôt, une levée de boucliers s’abattit sur elle.

   Avant cette arrivée, je me désolais de voir ce pays, soi‑disant république-démocratique, fonctionner comme une économie communiste ; où des monopoles, publics ou privés, tiennent les secteurs d’une main de fer et pressent la manne nationale comme on presse un citron.

   Ayant voyagé dans d’autres pays européens et hors d’Europe, j’étais convaincu que la concurrence — la vraie — ne commence qu’à partir de quatre prétendants dans un secteur donné. À partir de quatre, le monopole vole en éclats et le consommateur peut enfin choisir l’opérateur offrant le meilleur rapport qualité‑prix.

   Toujours selon moi, une compagnie incompétente est vouée à disparaître dans les oubliettes. Je ne m’étonnais donc pas que la France se batte bec et ongles pour ne pas privatiser les secteurs qu’elle malmène par son incompétence, allant jusqu’à effrayer le consommateur en lui jurant qu’il n’aurait plus son "petit sachet de poudre" si son fournisseur disparaissait.

   Le nouveau venu, lui, a fait voler en éclats le monopole, comme il se doit. Malgré les huées de la plèbe, les offres se sont soudain dévaluées, le portefeuille du consommateur a cessé de se vider, et chacun a enfin pu décider par lui‑même ce qui lui convenait. Il aurait fallu encore d’autres compétiteurs, mais ce pays a bien trop peur d’être discrédité sur la qualité de son service.

   Aujourd’hui, les quatre rois, qui tremblaient à l’idée qu’un autre monarque surgisse et les détrône, enterrent l’un d’eux.

   Ainsi, après avoir avancé d’un pas vers la liberté de choisir et de dépenser, nous reculons désormais vers l’autoritarisme, où le client perd ses droits, ses choix, et retrouve le mors auquel on l’avait conditionné.


dimanche 7 juin 2026

samedi 30 mai 2026

La mentalité française

    Je me souviens d'avoir entendu cette histoire un matin, sur "France Bleue Provence" il y a quelques années. Elle était contée par un narrateur à l'accent provençal bien prononcé et je présente mes excuses quant à ne pouvoir le nommer ; j'ai simplement oublié son nom...

 


jeudi 21 mai 2026

La ligne de vie

   Je la reconnais avant même qu'elle ne paraisse. Elle ne surgit jamais vraiment ; elle grandit lentement dans les profondeurs, comme u...