dimanche 23 août 2026

La fable du petit oiseau (extrait du film "Mon nom est personne")

 


   Si j'avais eu un enfant dans cette vie, c'est ce genre d'histoire que j'aurais raconté le soir avant qu'il s'endorme. Cela est beaucoup plus intéressant que les trucs "bisounours" qui polluent l'approche de la vie...

   ;-) 

 

samedi 22 août 2026

Acculé


 

    Tiré du roman de Philip K.Dick : "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques", le film de Ridley Scott de 1982 m'a fait l'effet d'un coup de poing. Je ne me souviens pas très bien "quand" j'ai visionné ce film de science-fiction. Peut-être pendant mon service militaire...

   Je ne me suis pas identifié au héros cinématographique, mais à un personnage secondaire qui apparait dans la séquence d'introduction qui est posté avec cette réflexion. Pourquoi me suis-je identifié à la trame de la narration cinématographique ?

   La trame de cette fiction, au-travers une enquête policière, pose la question de ce qu'est un être humain, sur quoi repose une émotion ou des souvenirs. Cela ne pouvait que m'impacter alors que j'entrais dans le monde adulte.

   C'est la scène d'introduction qui m'a fait comprendre mon errance. Le personnage de "Leon Kowalsky" semble perturbé durant le test de "Voight Kampff " ; on le voit répondre confusément, de façon disproportionnée. Je me suis reconnu immédiatement.

   Vous n'imaginez pas à quel point tout est confus en moi, "à fleur de peau". Le mot "mère", ou "père", m'arrache une réaction de violence pure ; j'ai du juguler cette violence, la retourner contre moi. 

   J'écris ceci et je souris amèrement parce que des décennies plus tard, je me trouvais devant une psychologue qui a prononcé pratiquement la même phrase que le "blade runner" à "Leon" : "- Décrivez, avec des mots simples, seulement les bonnes choses dont vous vous souvenez..." Fort heureusement, cette dernière n'a pas rajouté "... au sujet de votre mère."

   Je suis incapable de répondre à cela, encore aujourd’hui. 

   Je me suis senti proche de "Leon" parce que sa violence n'était pas mauvaise ; il était juste acculé, seul devant le gouffre ou le "Blade runner" le poussait. Tout comme je le suis encore aujourd'hui...

 


 

jeudi 20 août 2026

Les histoires d'A

   Je n’ai jamais su ce qu’était l’amour. Cet amour dont parlent tous les humains. Ils semblent même vouloir mettre un « A » (majuscule) à ce mot-là.

   La première fois que j’ai entendu ce mot, c’était en primaire : on nous racontait des fables où une princesse attendait le grand Amour (avec la majuscule), et attendait aussi un beau prince charmant… Ces foutues histoires affirmaient d’emblée que c’était aux princes charmants de se bouger le cul pour décrocher la lascive princesse.

   Ça ne me parlait pas. C’était même maladroit pour moi, voire humiliant. Un « beau », un « prince », « charmant » ? Ma seule référence, c’était les menaces de ma nourrice, son ton autoritaire répondant à ma détresse, sa violence pour contrer la mienne. La princesse, au pire, je vivais avec : ma sœur cadette. Elle était la fille qu’Odette n’avait jamais eue, et je la jalousais.

   L’amour des adultes ? Parlons-en. Mes géniteurs et leur époque ? Le triptyque « Travail, Famille, Patrie » faisait qu’ils n’avaient cure de la fidélité ; leurs seules préoccupations étaient leurs petites personnes indigentes.

   Et ma nourrice ? Une femme divorcée avec deux adolescents, qui élevait d’autres enfants pour arrondir ses fins de mois. Elle avait fini par m’abandonner et se remarier. Son objectif était de faire adopter ses propres enfants par ce nouveau conjoint…

   Mon début de vie d’adulte ? J’étais en mode survie, à vivre dans la rue, avec mes blessures physiques et psychiques. La princesse m’attendrait. De la survie, j’ai enchaîné sur la précarité. La lascive attendrait encore. Pourtant, un jour, l’une d’entre elles m’a lancé un défi : m’occuper d’elle toute une nuit.

   Le reste ne fut qu’une suite de déboires, d’incompréhensions, d’exigences et de manipulations. Je n’ai jamais approché l’amour. J’ai seulement approché « autre chose », que les passionnés appellent aussi amour par hypocrisie : le sexe. Et ce sujet-là est lui aussi corrompu par mon vécu traumatique.

   N'étant pas humain j'ai mimé les êtres humains, et j’ai fait la part des choses entre ce que je pouvais atteindre et ce qui m’était inaccessible. Ce concept d’amour ne m'étais pas accessible. Je l’ai remplacé par celui de loyauté.

   Pour moi, l’amour n’est qu’un concept utopique, et l’utopie est une forme de dictature, un rêve de mégalomane. Les rêves n’ont plus de place dans mon existence depuis très longtemps, et j’exècre la mégalomanie.

   Ce post fait de moi une créature sans doute inquiétante. Cela ne me touche pas ; je le sais depuis longtemps. Je ressasse sans cesse les mots de mes ex-partenaires ; ces mots qu’elles avaient en commun à mon sujet : « Tu es un mort-vivant, sans ambition, sans projet... ».

   Par ironie, cela expliquerait les tentatives des humains d’en finir avec moi… Sauf que, j’ai interviewé ces humains et ils n’arrivent pas à se mettre d’accord sur leur concept de l’amour ; me laissant eux aussi sans explication.

 




mercredi 19 août 2026

lundi 17 août 2026

Retour à la source

Ce post sera bref. Je suis entré dans la vie avec mutisme. J’ai parlé et marché tard. J’ai couru sans but. J’ai parlé sans rien dire. Puis j’ai écrit, sans ordre.

Depuis la fin de ma vie active, je m’observe. Tous ces mots, pour qui, pour quoi ? Je vois que je ne fais que remplir un vide qui ne se comble pas ; ce vide, c’est moi.

La vie forme parfois un cercle. On revient à son point de départ.

Mon ego vous remercie de votre attention. Il est temps pour moi de revenir au mutisme.

Ce blog disparaîtra dans une semaine... (ou pas, vu les commentaires.)

 

vendredi 14 août 2026

La paréidolie

   En errant dans mes clichés numériques, je suis tombé sur une sortie au village de Lacoste, dans le Vaucluse. L’idée était de jeter un œil sur le château du Marquis de Sade, racheté par Pierre Cardin.

   En regardant le cliché, j’ai alors ressenti une paréidolie : il y avait un buste dans une zone que j’appellerais une cour, et en l’observant d’une vue englobante, j’ai sursauté de surprise. Le pan de mur d’enceinte me révélait la moitié du visage gauche du buste, à quelques dizaines de mètres de lui !

   Je ne connais pas le Marquis de Sade, mais il est dit qu’il était un fieffé coquin, pornographe et pédophile, qui torturait ses victimes. En bref, un fieffé salaud selon notre morale du XXIᵉ siècle.

   Je me suis alors amusé, avec cette paréidolie, à imaginer qu’une partie de ce Marquis hantait toujours la place, imprégnant les murs.

   Je soumets deux de mes clichés illustrant cette paréidolie. Il est dit que chacun a sa propre paréidolie.

   Qu’en dites-vous ?

 


  



jeudi 13 août 2026

La visiteuse

   Elle est venue me rendre visite bien assez tôt, ou peut-être trop tôt. Elle a sûrement fait quelques apparitions à l’orée de mon berceau, venant me bercer quand j’hurlais de faim ; sans doute me fredonnait-elle une mélodie douce pour essayer d’apaiser le bébé que j’étais, à la place de celle qui m’avait mis au monde.

   Elle est revenue des années plus tard, courant avec moi quand je traversais la nationale et que la tôle des voitures me frôlait, au grand dam des conducteurs qui hurlaient après moi.

   Je l’ai aussi croisée pendant ma première année en pensionnat, lorsque, à la piscine, mon corps épuisé s’enfonçait dans l’eau ammoniaquée ; elle me souriait tristement, assise au fond, les yeux levés vers moi.

   Elle venait s’asseoir à côté de moi en cours au lycée, me regardant de ses yeux interrogateurs alors que j’entaillais volontairement mes doigts à coups de cutter, devant le professeur de comptabilité effaré.

   Ensuite, elle est venue pendant mes sommeils, comme une succube changeant de formes à volonté ; me réveillant pendant que je hurlais d’épouvante.

   Elle m’a suivi pendant mon service militaire : quand je sautais du wagon, non pas sur le quai mais sur la voie ferrée, elle m’hurlait dessus lorsque la locomotive chuintait sur mes fesses.

   À mes vingt-deux ans, elle s’est glissée dans ma poche, tranchante comme une lame que je tenais comme on serre une main, me promenant au fond d’une nuit glaciale, sous les éclairages d’une ville quelconque ; elle s’est bien moquée de moi.

   Je l’ai revue quand j’ai été drossé vers le large, cet hiver où j’étais sous-équipé pour rester longtemps dans une eau froide, à la dérive.

   Elle ne m’a jamais abandonné, toujours présente dans les instants de ma vie. Elle s’est même invitée dans mon couple, susurrant à l’oreille de ma femme, avant de revenir vers moi et m’accabler davantage, appuyant sur mon incompétence d’homme, de conjoint, d’être humain…

   Depuis que j’ai décidé de laisser ma porte ouverte à son intention, elle a cessé de me rendre visite. Je lui adresse des pensées parfois, mais elle ne répond pas, elle ne répond plus.

 

La fable du petit oiseau (extrait du film "Mon nom est personne")

     Si j'avais eu un enfant dans cette vie, c'est ce genre d'histoire que j'aurais raconté le soir avant qu'il s'en...