samedi 16 mai 2026

Le français malgré lui

 


   Pourquoi je ne me suis jamais senti français ? Je veux dire, ça ne date pas de ces dernières années. Ce sentiment francophobe remonte aussi loin que je puisse me souvenir. J’ai quelques bribes de réponse et ces dernières me projettent à la petite enfance…

   Ma petite enfance n’a été qu’une succession de défaillances. Défaillances économiques, défaillances parentales, défaillances judiciaires, défaillances morales, défaillances éducatives, défaillances institutionnelles… c’en est alarmant !

   Avec le recul et par ironie, je pourrai invoquer la « loi de Murphy », si tant est que cette loi ne soit pas une déviance de la réflexion (ne vous précipitez pas ; j’ai déjà la réponse).

   Donc si à la base d’une existence tout est tronquée, il se peut que par projection le monde soit tronqué…

   Quand un organisme humain arrive au monde dans un milieu hostile, sans aucune protection, sans aucun repère, sans aucun secours et qu’il survive malgré tout ; il est fort à parier que cet organisme ne s’identifie point à ce monde, qu’il ne le revendique pas  comme sien.

   Pour en revenir à mon cas, la cellule familiale (bon sang que je hais ce mot « cellule »!) a totalement failli et l'ensemble de ce qui compose la société, par extension.

   Comment pourrai-je me sentir français ; être fier d’exister ne serait-ce qu’en tant qu’humain ou en tant qu’homme ; alors qu’on a veillé à ce que je ne le devienne jamais ?!

   Ce paradoxe est insoluble pour moi. Il y a trop de biais coincés dans mon mécanisme fonctionnel. Trop de contradictions, de phases mémorielles étiolées pour arriver à un mode de pensée cohérent, stable…

   Je ne peux pas repousser la culture française ; je fonctionne par défaut sur ce mode là. Je ne m’y identifie pas pour autant.

   Finalité de ce post ? "On ne naît pas français, on le devient."

 

 


2 commentaires:

  1. Devenir… voilà bien ce que nous avons à accomplir : devenir, passer d'un état à un autre, évoluer, dans le sens de ce que nous sommes appelés à vivre.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. AlainX. Un camarade me disait toujours, à ma grande incompréhension "Si tu n'avances pas, tu recules." J'ai mis du temps à comprendre le raisonnement : je recule par rapport à ceux qui avancent ; mais en aucun cas je recule de mon point de vue, puisque je ne bouge pas. Ainsi, à partir de ma survie, je suis resté sur place...

      Supprimer

Inspiration-expiration

Inspiration... L'enfant est seul dans un escalier, recroquevillé Des larmes ruisselantes, des sanglots à fendre l'âme. Expira...