Image générée par Gemini.
Elles glissent dans ma vie, ombres de chair et d'or
Créatures de fureur, de muscles et d'efforts
Sous mon geste vibrant, un muscle se contracte
Des bêtes s'éveillent au premier point d'impact.
Sous l'ongle qui dessine un frisson sur leur dos
Elles cambrent l'échine et coupent leurs sanglots
La moiteur de leur flanc s'offre à mes doigts profonds
Un tressaillement d'aise agite leur menton.
Ma paume sent leur sang, sauvage, incandescent
Et le mien se retire, trop lointain, trop absent
Mes touchers font ployer la croupe qu'elles me tendent
Au râle de plaisir que leurs morsures commandent.
Leurs reins levés se tordent en un cri souverain
Ma bouche boit leur spasme et brise tout leur frein
Je sens sous mes baisers sourdre de leur liqueur
Tandis que je demeure étranger à leur cœur.
Et quand tout retombe, un silence revient
Un silence sans poids, qu'aucun élan ne tient
Je traverse leurs corps, leur moiteur, leurs secrets
Sans rien pouvoir garder, pas même un peu de paix.
Je retourne alors seul à mes nuits familières
À ces lieux sans contour où s'efface la lumière
Chaque corps pratiqué me laisse évanescent
Comme si leur abandon me vidait lentement.

Ne soyez pas fâché si je vous dis que vous êtes un Accumulateur d’évanescences, ce n’est nullement péjoratif, je vous l’assure. Juste un moment suspendu de lecture autre, que j’éprouve en lisant ce poème.
RépondreSupprimerBon samedi.
Carla
Dame Carla.
SupprimerNulle offense en ce qui me concerne. "Évanescence" n'est que la suite logique de "Offrande au silence". Le premier texte parlait de la dissociation relationnelle naissante dans ma vie d'adulte ; ce texte-ci relate cette même dissociation pour toutes les relations que j'ai pu avoir tout au long de ma vie. Quand votre organisme utilise la dissociation comme moyen de défense dès votre tendre enfance, il est probable que ce dernier n'en change pas pour le reste de l'existence.
Si je ne suis pas capable de comprendre cela, comment puis-je me comprendre alors ?
Bonne journée.