jeudi 11 juin 2026

Un pas en avant, un pas en arrière


   Dans les années 1990, le réseau téléphonique appartenait à trois compagnies qui imposaient leurs tarifs sans laisser au consommateur le moindre vrai choix, ni dans la qualité, ni dans le service. On apprit bien plus tard que ces trois compères s’étaient entendus pour ne pas se marcher sur les pieds, menant les clients comme on mène des moutons à la bergerie. Un monopole bien malhonnête, au détriment du consommateur, et sans même garantir une qualité décente.

   Une décennie plus tard, une quatrième compagnie fit irruption dans le domaine de la téléphonie et de l’internet. Aussitôt, une levée de boucliers s’abattit sur elle.

   Avant cette arrivée, je me désolais de voir ce pays, soi‑disant république-démocratique, fonctionner comme une économie communiste ; où des monopoles, publics ou privés, tiennent les secteurs d’une main de fer et pressent la manne nationale comme on presse un citron.

   Ayant voyagé dans d’autres pays européens et hors d’Europe, j’étais convaincu que la concurrence — la vraie — ne commence qu’à partir de quatre prétendants dans un secteur donné. À partir de quatre, le monopole vole en éclats et le consommateur peut enfin choisir l’opérateur offrant le meilleur rapport qualité‑prix.

   Toujours selon moi, une compagnie incompétente est vouée à disparaître dans les oubliettes. Je ne m’étonnais donc pas que la France se batte bec et ongles pour ne pas privatiser les secteurs qu’elle malmène par son incompétence, allant jusqu’à effrayer le consommateur en lui jurant qu’il n’aurait plus son "petit sachet de poudre" si son fournisseur disparaissait.

   Le nouveau venu, lui, a fait voler en éclats le monopole, comme il se doit. Malgré les huées de la plèbe, les offres se sont soudain dévaluées, le portefeuille du consommateur a cessé de se vider, et chacun a enfin pu décider par lui‑même ce qui lui convenait. Il aurait fallu encore d’autres compétiteurs, mais ce pays a bien trop peur d’être discrédité sur la qualité de son service.

   Aujourd’hui, les quatre rois, qui tremblaient à l’idée qu’un autre monarque surgisse et les détrône, enterrent l’un d’eux.

   Ainsi, après avoir avancé d’un pas vers la liberté de choisir et de dépenser, nous reculons désormais vers l’autoritarisme, où le client perd ses droits, ses choix, et retrouve le mors auquel on l’avait conditionné.


2 commentaires:

  1. Réponses
    1. Nina. La question qui se pose désormais est si Free qui était le détonateur ayant déclenché le morcellement du monopole à l'époque, restera fidèle à son intention, ou fusionnera t'il avec ses concurrents pour reformer le deal d'antan ?
      Dans tous les cas, les médias se sont voulu rassurant pour les abonnés SFR en disant que pour l'instant ils n'avaient pas à s'inquiéter : la facturation ne changerait pas dans l'immédiat. Toutefois il faudra qu'il s'attendent plus tard à, effectivement, une re-modulation des tarifs...
      C'est bien cette information entendu sur la radio RMC qui m'a fait repensé au monopole français. Belle journée à vous.

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