Elles glissent dans ma vie, ombres de chair et d'or
Créatures de fureur, de muscles et d'efforts
Sous mon geste vibrant, un muscle se contracte
Des bêtes s'éveillent au premier point d'impact.
Sous l'ongle qui dessine un frisson sur leur dos
Elles cambrent l'échine et coupent leurs sanglots
La moiteur de leur flanc s'offre à mes doigts profonds
Un tressaillement d'aise agite leur menton.
Ma paume sent leur sang, sauvage, incandescent
Et le mien se retire, trop lointain, trop absent
Mes touchers font ployer la croupe qu'elles me tendent
Au râle de plaisir que leurs morsures commandent.
Leurs reins levés se tordent en un cri souverain
Ma bouche boit leur spasme et brise tout leur frein
Je sens sous mes baisers sourdre de leur liqueur
Tandis que je demeure étranger à leur cœur.
Et quand tout retombe, un silence revient
Un silence sans poids, qu'aucun élan ne tient
Je traverse leurs corps, leur moiteur, leurs secrets
Sans rien pouvoir garder, pas même un peu de paix.
Je retourne alors seul à mes nuits familières
À ces lieux sans contour où s'efface la lumière
Chaque corps pratiqué me laisse évanescent
Comme si leur abandon me vidait lentement.

Se déconnecter
RépondreSupprimerGilles l'a fait maintes fois
Et a survécu.
Ce texte est magnifique et me laisse sans voix .....................
RépondreSupprimerje l'ai lu plusieurs fois sans savoir su'en dire alors je prefere juste vous dire que Mme Chapeau a raison déconnectez la partie de vous qui vous empeche de vivre KATAKANA
Katakana.
SupprimerCurieusement le texte parle de la déconnexion. Mais qu'est-ce que "vivre" au juste : succomber à ses pulsions, leur résister ou les ignorer ? Belle journée à vous.
@ Jiru: oserais-je dire que « qu'est-ce que "vivre" au juste » est une question hautement philosophique. ♫ désolée, je n'ai pas pu résister ♫
RépondreSupprimerEt ajouter que parfois mes commentaires n'aboutissent pas au bon endroit à l'insu de mon plein gré.
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