Cela faisait huit heures que l’agent G. était planté derrière les caisses, à surveiller les clients comme un suricate sous caféine. Ses pieds avaient officiellement déposé plainte, mais son visage, lui, affichait encore un enthousiasme suspect, comme s’il venait de gagner un concours de sourires forcés.
C’est alors qu’elle apparut.
Une femme blonde, radieuse, majestueuse, accompagnée d’une fillette qui ressemblait à une version “format poche” de la même personne. L’agent G. cligna des yeux. Mais… mais c’est une elfe ! Une vraie ! Peter Jackson, tu as raté un casting, mon vieux !
Il se redressa d’un coup, prêt à incarner le rôle du Rôdeur des contrées de la Promotion.
La femme s’approcha, lui adressa un sourire doux, et lui parla. Lui, il entendit à peu près :
« Bonjour, beau damoiseau des caisses automatiques… »
En réalité, elle disait probablement quelque chose de banal, mais son cerveau avait décidé de mettre de la magie partout.
La conversation dura un peu trop longtemps au goût de la fillette, qui commençait à faire des grimaces dignes d’un gnome renfrogné. L’agent, lui, flottait sur un nuage de satisfaction, persuadé que la vie venait enfin de lui offrir un moment digne d’un film.
Puis, soudain, la femme lui tendit un petit papier plié. Un numéro ? Un mot doux ? Une quête magique ? Il le prit avec la délicatesse d’un archéologue découvrant un artefact elfique.
Mais la fillette, elle, n’avait pas signé pour ce scénario. Elle attrapa sa mère par le bras et la tira hors du champ comme si elle évacuait un suspect.
L’agent G. entendit alors leur dernier échange :
— Qu’est-ce qu’il se passe, le monsieur ne te plaît pas ?
— Si, répondit la fillette, mais il sent le pipi…
Silence. Fin du film. Générique. L’elfe disparaît dans la foule, et l’agent G. reste là, tenant son petit papier comme un héros tragique qui vient de se faire éliminer au premier round.
Il prit la peine de se diriger vers la poubelle publique et de laisser la missive échoir sans même l’ouvrir.
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Un beau billet pour débuter le mois d'aout.Toujours se méfier des femmes accompagnées de morveux, ces derniers ont parfois le nez nez délicat.
RépondreSupprimerPauvre agent G.
Trop peu de pauses pipi.
Saleté de job.
Mme Chapeau. Il est dit que la vérité sort de la bouche des Gremlins, euh... des enfants. La narration dévoile un point que beaucoup néglige : celui qu'aux toilettes, on doit penser le moment où l'on peut être amené à être reniflé par autrui...
RépondreSupprimer;-)
Désolée pour le double nez de ce matin, Quant aux enfants, ils ont le don de vous mettre dans l'embarras. Un jour, un papa me demande s'il peut nous emprunter notre pompe pour regonfler les pneus du vélo de sa gamine haute comme trois pommes. J'invite la troupe à venir dans notre cour et là, notre chat apparait. Le voyant, la gamine s'écrie: « Oh, c'est le chat qui vient faire popo dans les fleurs de ma maman » . Je ne sais pas qui a été le plus embarrassé mais ce n'est ni le gosse, ni le chat.
Supprimer... D'où la qualification : "Gremlins".
SupprimerUne histoire très bien racontée, j'aime bien l'image du suricate sous caféïne, mais comme je suis curieuse je me demande ce qu'il y avait d'écrit sur ce papier plié.
RépondreSupprimerMyrte. J'ai fini par interviewé l'agent G. en catimini, et le mystère reste entier. Il n'a pas lu la missive, dépité par le nez du gnome... Rire.
SupprimerQuel mystère !
Supprimer♫ Pauvre fillette, ce n'est pas de sa faute si son nez était à la bonne hauteur ♫
RépondreSupprimerÉclats de rire ! Bonne ou mauvaise, la hauteur du nez révèlent bien des choses !
Supprimerl'Agent G est bien trop rêveur. Désormais il devra penser aussi à son hygiène corporelle avant de rêver, voici le message que lui envoie la fillette. Quant au papier, il me fait penser à la chanson de Gainsbourg que chantait Régine et dont voici un extrait :
RépondreSupprimerLaissez glisser
Papier glacé
Les sentiments
Papier collant
Ça impressionne
Papier carbone
Mais c’est du vent
gballand. L'agent G. n'est qu'une particule d'eau dans l'océan de la saleté... Les animaux pourraient nous en conter sur les odeurs humaines, rire. Eh oui, les papiers sont bel et bien collants, tout comme les rêves.
SupprimerJ'ai deux amis SEB et LEON qui me l'ont deja dit, les odeurs corporelles et en plus l'urine sont des tuent relation, mais là e pauvre il bossait..........................en fin je compatis . KATAKANA
RépondreSupprimerKatakana. Cela explique peut-être que l'agent G. s'est débarrassé de la missive sans la lire ; à quoi bon continuer de rêver alors que le gnome l'a dévoilé à l'elfe ? Vous remercierez Seb et Léon de leur lucidité... Bonne soirée.
SupprimerUn point de détail me turlupine :
RépondreSupprimercomment se fait-il que la fillette puisse trouver l'agent G. plaisant tout en sentant le pipi ?
Est-ce une étape normale dans le développement de sa maturité ?
Chez Régine, chacun aurait eu la bonne odeur du papier d'Arménie
AlainX. On peut faire bonne figure, et avoir le caleçon douteux...
Supprimer;-)