mardi 1 septembre 2026

A la St Gilles je fibrille

    Pour une fois je déroge à ma timidité ; alors commençons par la vendange ! N'écarquillez pas les yeux de surprise, je m'explique : on a tendance à dire qu'un humain est similaire à un vin : avec le temps, il se bonifie.

   Suivons donc le parcours d'un Gilles, de la mise en bouteille jusqu'à la "piquette à venir", sur une trame décennale.

   Ici, c'est le vin nouveau, sorti de la chaine de remplissage il y a peu. Il est sous le "choc de la mise", c'est à dire qu'il a besoin d'un certain temps pour retrouver son équilibre.

 

 Nous passons au stade de la jeunesse,ou "arômes primaires". Pour un vin courant, c'est son moment optimal (le premier qui souffle "au petit mâle", je le jette par la fenêtre !).

   Nous arrivons à la phase de fermeture, ou "phase muette". Le vin semble austère, dur et sans parfum. Il ne faut pas le toucher à ce stade. (Surtout pas le toucher, risque d'implosion !)

 

 
   Nous glissons alors dans la maturité et l'apogée "Arômes tertiaires". Le fruit frais cède la place à des notes complexes de sous-bois, de champignon, de cuir, de boîte à cigares, d'épices ou de fruits confits. ("Non non Madame, c'est pas encore du moisi.")

 

   A la quatrième décennale, le déclin est amorcé. Le vin amorce une séquence d'oxydation, la couleur se ternit. 

 

   Avec la cinquième décennale, nous approchons de la fin avec "la sénescence". L'oxydation accélère et la couleur s'assombrit ; tout comme la chute de cette passerelle à plusieurs étages du sol.

 

   La sixième décennale laisse la matière s'effondrer, le vin « s'éteint » et prend des notes de vinaigre ou d'éventé (voire même d’édenté).

 

   Que retenir de ceci ? Que les années ne bonifient pas la plupart des vins, excepté pour ceux qui sont bien proportionnés en tanin, en acidité, en sucre et en alcool ; sans oublier les conditions de conservations.

   En clair, c'est pareil pour les humains, avec une attention particulière : au taux d'humidité (faut pas que le bouchon sèche), de position allongée, de température, d'éclairage, etc.

   Alors, à la St. Gilles, évitez de trinquer avec un Gilles ! 

 

P.S. : Je me suis efforcé de suivre la parcours d'un vin de la sortie de la mise en bouteille jusqu'à sa destination. Pardon aux œnologues pour mes approximations.

10 commentaires:

  1. Passez un bon premier septembre et merci pour cette présentation et les photos qui vont avec. Vous montrent-elles toutes? C'est la question du jour 🙂.
    Chez nous, le carnaval de Binche et ses Gilles sont reconnus comme Patrimoine Culturel Immatériel de l'humanité par l’Unesco. Le jour du Mardi Gras, au petit-déjeuner qu'ils prennent vers 5h du matin, les Gilles boivent du champagne et mangent huîtres . Faut avoir une bonne santé pour faire le Gille à Binche 🙂.

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    1. Mme Chapeau.
      Prendre un petit déjeuner à cinq heures du matin, c'est parfaitement dans mes cordes. Boire du champagne à la même heure, ça risque de dégénérer très vite ; quant aux huitres, j'ai beau avoir passé toute mon enfance dans les parcs à huîtres, je préfère me repaître de moules... Donc nous dirons que je ne fais pas partie du patrimoine culturel, quel qu'il soit.
      Votre question "vous montrent-elles toutes ?" est amusante. Selon vous, lesquelles seraient des intrus ? Je vous donnerai une réponse honnête ensuite...
      :-)

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  2. Le parallèle que vous faites est très intéressant. Je n'y aurais jamais pensé. Passer des arômes primaires au vin qui s'éteint, au rythme des photos et de l'écriture, c'est étonnant, amusant, parfois, voire même, courageux. Voici un voyage que jamais je n'aurais jamais fait !

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    1. gballand.
      J'avoue qu'il m'a fallu plusieurs jours d'hésitation avant de franchir le pas. La première raison est que lorsqu'on n'est pas un "Alain Deloin" ou un "Robert raide fort", faut avoir des "nounouilles" conséquentes, ou un ego surdimensionné. La deuxième raison est qu'une personne aussi peu photogénique et aussi fuyante que moi n'aime pas qu'on puisse la regarder ; la voir, c'est le maximum, mais pas la regarder !
      La décision finale fut de cette idée saugrenue de faire le parallèle avec la bonification du vin, qui tient plus d'une légende urbaine que d'une vérité ; et d'une autodérision assumée.
      Il ne s'agit donc pas de courage mais d'un double cynisme : profiter d'une fête chrétienne, alors que je suis un apostat ; et de me moquer de ma décrépitude.

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  3. Un texte pétillant d’humour.
    Le vin est comme l’homme, il croît, décroît et s’éteint.
    Sauf que le vin finit dans le gosier.
    Carla

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    1. Dame Carla.
      En faisant un mauvais jeu de mot, j'oserai dire qu'il arrive aussi qu'un homme puisse finir dans le gosier...
      (Bon je sors...)
      Douce journée pétillante à vous.

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  4. Ce parcours est plaisant a suivre vous etes comme le vin vous vous bonifiez a merveille meme si je prefere la 4eme decennie seriez vous un sosie de Bruce le magnifique (willis)

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    1. Anonyme.
      Si je devais ressembler à un Bruce, ce serait plutôt "Bruce Nolan" dans le film "Bruce tout puissant", interprété par Jim Carrey...

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  5. Une coquinerie excitante…
    Quel que soit l’âge…
    J’ose vous souhaiter une Saint-GIlles effervescente.
    Carla

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    1. Dame Carla.
      Excitante ou enivrante, merci de votre souhait. La journée sera aussi effervescente qu'une eau plate ; "faute de grives, on mange des merles" dit le proverbe. Je ferai donc selon mes moyens.
      Prenez soin de vous.

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A la St Gilles je fibrille

     Pour une fois je déroge à ma timidité ; alors commençons par la vendange ! N'écarquillez pas les yeux de surprise, je m'expliqu...