Aujourd'hui, quand j'entends certains chrétiens intégristes proclamer que l'identité de la France est exclusivement chrétienne, je les invite à rouvrir leurs livres d'histoire. Si ces gars-là avaient écouté les cours d'histoire au lieu de reluquer leurs voisines, ils répéteraient assurément moins d'âneries.
Dans l'Antiquité, le christianisme, né en Palestine, s'est d'abord diffusé en profitant de l'infrastructure de l'Empire romain. La religion chrétienne peut se vanter de s'être infiltrée dans les rouages de la civilisation romaine : politiques, économiques et mercantiles (foncier, fiscalité, monopole intellectuel et commercial), et d'avoir la mainmise sur bien des aspects de la vie antique, puis féodale, dès la première moitié du IVᵉ siècle.
Lors de l'effondrement de Rome, la Gaule gallo-romaine entre en collision avec les grands mouvements migratoires barbares : Huns, Wisigoths, Saxons, Francs, Alamans et Burgondes.
Dans ce contexte d'alliances et de trahisons opportunistes, la course au pouvoir est enclenchée avec comme règle universelle : l'unité religieuse fortifie l'unité politique. Du coup, l'influence romano-chrétienne qui date du début du IVᵉ siècle incite ceux qui veulent une reconnaissance politique à se convertir au christianisme, tout comme l'a fait l'empereur Constantin.
Si on officialise l'entrée de la Gaule dans le christianisme (qui deviendra en partie la France bien des siècles plus tard), la date retenue est celle du baptême de Clovis à la fin du Vᵉ siècle.
On retiendra que les barbares Francs de Clovis, ces païens, sont les « derniers de la classe » pour s'associer au christianisme ; les autres barbares ayant rejoint le christianisme presque un siècle avant eux. Les fils de Clovis amorceront un mouvement de « nettoyage » en détruisant les édifices païens ; et les descendants pérenniseront le mouvement via des persécutions de-ci, de-là...
Trois siècles plus tard, Charlemagne achèvera la conversion forcée des Saxons, soumettant par le fer et par le sang ces peuples récalcitrants pour leur imposer le dogme chrétien.
Donc :
- Le christianisme est né au Proche-Orient, dans cette même région de Palestine qui suscite aujourd'hui tant de méfiance chez certains nationalistes.
- Les racines de la France plongent profondément dans des millénaires de cultures païennes, véhiculées par les Ligures, les Grecs et les Celtes, bien avant la romanisation ; et encore plusieurs siècles après l'implantation du christianisme.
- La culture française ne débute pas avec la christianisation tardive.
Références :
- "Qui a cassé le vase de Soissons ?" de Michel Fauquier (revue "Mythologie" du 04/2025)
- "Soissons, Clovis roi des Francs. " de Francis Dréer (revue "Les grandes batailles de France")
- "Conversion de Clovis." de Bruno Dumézil (revue Sciences Humaines, Une autre histoire des religions p.34-35 du 11/12/2010)
C'est dans ces moments là que je me dis ne pas être cultivee.........merci Jiru pour ces infos tres interessantes.KATAKANA
RépondreSupprimerKatakana. On est assis sur le même banc de rame. C'est juste que même sans savoir lire, on peut utiliser ses doigts pour compter. Notre histoire ne commence pas au Ve siècle, sauf si on ne sait pas compter. Du coup on va pas laisser une bande d'incapables, qui ne savent pas compter, gérer notre économie !
Supprimer:-)
Très bel argumentaire. ♫ Maintenant, les groupes de catholiques intégristes, qu'ils soient de France ou d'autres pays sont faits d'êtres humains et dans tout groupe formé d'êtres humains, il y en a des moins instruits et des plus instruits ♫.
RépondreSupprimerMme Chapeau. Je fais partie de la première catégorie, mais manque de bol j'ai quelques articles d'historiens sous le nez, et j'aime pas qu'on me prenne pour plus que je suis...
Supprimer:-)
Pour ce qui est du vase de Soissons, j'ai déjà déclaré à la police que je n'y étais strictement pour rien. ;-)
RépondreSupprimerLa conversion de Clovis a clos le vice.
Je ne savais pas que tu t'intéressais de près à l'histoire du christianisme et côtoyait des chrétiens intégristes.
Plus intéressant est d'aller voir la source des évangiles de Jésus de Nazareth. Qui, soit dit en passant, détestait les religions… et Dieu sait [son père…] s'il avait raison… !
Seule une expérience spirituelle ou mystique présente de l'intérêt à mes yeux.
Mais les religions détestent ce genre de personnes non endoctrinables.
Cher AlainX.
SupprimerJe n'en attendais pas moins de ta part. Je ne m'intéresse pas plus que cela au christianisme ; c'est juste que ces derniers jours, on entend les médias répéter "la France chrétienne". Cela me saoule, et comme le chante Nougaro dans sa chanson "Marie-christine", "je suis rongé de remords..."
La religion tu sais ce que j'en pense, mais je ne supporte pas d'entendre de telles conneries dans la bouche de types malhonnêtes.
Fallait que je mette les points sur les "i", avec mon biais anti-"cul de bénitier".
;-)
Encore une différence entre nos deux pays. Ici, on parle de grenouilles de bénitier.
SupprimerMme Chapeau. En fait je devrais dire "grenouille de bénitier", mais vu mon ressenti de l'Eglise, je préfère l'autre mot.
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C'est normal de préfériez l'autre mot, grenouille de bénitier, c'est pour les poules.
SupprimerDans ma famille, on racontait que les femmes avaient été privées du droit de vote pendant longtemps parce que, étant plus enclines à assister à la messe que les hommes, « ces grenouilles de bénitier » risqueraient de voter comme le curé le leur dirait.
SupprimerMme Chapeau. Comme quoi tout se sait dans un confessionnal...
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