Décidément, "le roman national" n'est pas mon livre de chevet. A mon époque, sur les bancs d'école, l'Histoire nous était contée avec pas mal d'aplomb, des récits épiques comme ceux de Clovis, de Roland de Ronceveaux, de Jeanne d'Arc, etc. L’Éducation Nationale imprimait aux frais du contribuable des versions "au doigt mouillé", et personne n'y trouvait rien à redire.
Roland de Ronceveaux, justement, semblait être un obscur nobliau, inconnu au bataillon de la lignée impériale ! La bataille mettant en avant les perfides Sarrasins n'avait pas de Sarrasins dans le coin... et il y avait d'autres nobliaux avec le Roland qui chaussaient plus grand que lui : le maître d'hôtel du roi (oups, le Charles n'était pas encore empereur), le comte du Palais... là où un Roland n'était qu'un comte des marches de Bretagne !
- « Euh... mais... euh... Pas de neveu, pas de Sarrasins, pas de vengeance impériale ?... » (Déception et effarement absolu.)
Les neveux de Charlemagne, s'étaient tirés avec leur mère quand le frère cadet de Charles était mort en pleine santé, à vingt ans, d'un saignement de nez ; sept ans avant Ronceveaux ! Tout ce beau monde avait filé à l'anglaise chez les Lombards, auxquels Charles leur fait la fête, au sens péjoratif, quelques années plus tard. Vous disiez ? Ils auraient pu hériter du trône de Charles qui s'en est emparé à la mort de leur père ? Oups !
C'est environ trois cents ans après la bataille (!) que la politique et la religion s'emparent de l'escarmouche de Ronceveaux... Avec "La Chanson de Roland", on va motiver la troupe des Croisés, leur donner un bon scénario, une ligne à suivre, une motivation quotidienne pour baver de sainteté en trucidant les Sarrasins, ou les Maures ; en clair : les Musulmans.
Voilà donc le « Roland arrangé » assis à la Table ronde avec son pote Lancelot ; on lui refile au passage une filiation : il est le neveu de l'empereur Charlemagne (une manière de rappeler par la filiation que tout chevalier qui prête serment peut devenir un héros et entrer dans l'Histoire, s'il sert avec bravoure son seigneur et maître, surtout s'il trépasse en gardant sur les lèvres le nom de Jésus-Christ !)...
L'insignifiant commandant des marches de Bretagne, Roland, reçoit donc une promotion de haute lignée.
( « — Mais ce n'étaient pas des Sarrasins, c'étaient des Basques, mon pote !
— Ouais, eh bé les Croisés, eux, comprennent si tu gueules : “les Sarrasins !” ; par contre si tu l'ouvres en criant : “les Basques !”, tu vas prendre des jets de godillots ! — Ok, les Sarrasins, ça porte bien ; et puis c'est dans le scénario... » )
Bref, d'un Roland quelconque, on fait un neveu de l'Empereur et une icône politique, religieuse, ludique et littéraire qui continue de chevaucher au travers des siècles ; dans son armure étincelante ; au nom des nationalistes ou des religieux bien malhonnêtes à mon goût…
A savoir si les livres d'Histoire du XXIe siècle trimballent encore des conneries politiques ou religieuses pour enfumer les générations qui viennent...
Réf. :
- Le début du règne, une rivalité fraternelle » par Denis Hayot
- « Roland à Ronceceaux, de la résistance au sacrifice » par Aurore Chemama (revue « Les Dossiers de la Marche de l’Histoire »)
- « Ronceveaux, une défaite victorieuse » par Francis Dréer (revue « Les grandes batailles de France »)
La dissonance, c'est ce décalage permanent entre le récit officiel — celui des institutions, des critiques unanimes ou des morales de salon — et le vécu brut. Je n'ai rien à vous vendre, et je ne cherche pas votre empathie. Je consigne. Si mes mots résonnent avec vos propres silences ou vos propres doutes, tant mieux. Si vous préférez la fuite ou la simulation de compréhension, la porte est restée ouverte derrière vous.
mardi 6 octobre 2026
Ronceveaux mieux que deux tu l'auras
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Ronceveaux mieux que deux tu l'auras
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A l ' époque il n y avait pas de médias, il fallait donc des Roland de Ronceveaux, des Jeannes D'Arc pour maintenir les petites gens que nous sommes aujourd hui avec les medias et l IA plus besoin de preux chevaliers on nous faire peur avec tout et n importe quoi, alors allons y pour une petite revolution, une guerre invasive etc...............et le pire c est que ca fonctionne. La preuve avec les etudiants qui font tout et n importe quoi les gens comment a vider les hyper marche de peur que.....et les autres ont peur qu un jour nous soyons envahis par un TRUMP et appeler notre pays l'Amerique Française Mdr.
RépondreSupprimerQue ne feraient ils pas, la haut, pour nous tenir sous leur semelle.
KATAKANA
Katakana.
SupprimerAh, merci de lier ce qui se faisait, et ce qui se fait aujourd'hui... Finalement les générations futures compareront l'Histoire des archives et l'Histoire que l'on a transformé selon notre niaiserie. Je suis absolument d'accord sur l'impact des médias, de l'I.A. et des autres qui prétendent "connaitre la vérité", et le charivari qui s'ensuit.
Respect !