Ce texte évoque des violences graves subies durant l’enfance. Certaines lignes peuvent être difficiles à lire. Avance avec prudence si tu es sensible à ces sujets.
Que seriez vous dans ce monde si :
- aucun bras paternel ne vous ai porté sur les épaules ?
- aucune histoire ne fut racontée le soir au moment de s’endormir ?
- aucune lèvres ne se soient posées sur votre front pour apaiser vos terreurs ?
- l’on vous donnait des cadeaux sans aucune affection derrière ?
- si l’on vous disait régulièrement que vos parents étaient des déchets de l’humanité ?
- si l’on vous désignait d’office quand un larcin est commis ?
- si l’on venait se coucher sur vous au cœur de la nuit pour abuser de votre corps frêle ?
- si le monde autour de vous vous considérait comme un lépreux ?
-si on vous sommait de finir votre assiette avant de vous donner un coup de point sur la tête quelques minutes après ?
- si vous essayiez de fuir, de vous dissimuler ; et qu’on vous traque pour vous ramener à l’endroit où l’on vous tourmente ?
- si personne ne vous interroge, s’inquiète de vous, ne vous écoute ?
- si l’on vous abandonne comme un déchet, un objet encombrant ?
- si l’on vous maintient derrière de hauts murs grillagés, ou des barreaux aux fenêtres ?
- si l’on vous privait de manger parce que vous ne vous comportez pas comme on l’exige ?
- si on vous giflait parce que vous vous rebellez quand on inspecte votre corps nu ?
- si on vous comptait comme du bétail jusque dans votre sommeil ?
- si on vous faisait jurer de prendre soin de votre tortionnaire lorsqu’il sera vieux ?
- si on vous séparait régulièrement de votre fratrie parce que vous ne convenez pas ?
- si on vous rabâchait que vous n’êtes toléré que parce que vous rapportez de l’argent ?
- si on vous disait pendant des années que personne ne peut vous aimer ?
Je vais vous dire ce que je suis devenu :
- un homme qui mime une attitude sociale, pour ne plus être montré du doigt.
- un homme qui dissimule la moindre de ses pensées profondes.
- un homme morcelé entre un état adulte et un état enfantin.
- un homme aux aguets du moindre comportement hostile.
- un homme qui ne croit en rien
- un homme qui n’attend rien en retour de ses gestes vers l’extérieur.
- un homme qui se retient de fuir au moindre compliment.
- un homme qui ne se sent pas humain, mais comme un animal sauvage.
- un homme incapable de trouver la paix de l’âme.
- un homme qui doute de tout, surtout de lui-même.
- un homme rongé entre la tendresse et l’agression.
- un homme qui se refuse tout relâchement physique ou émotionnel.
- un homme qui ne prétend rien, qui ne se projette pas.
- un homme qui n’envie ni ne jalouse personne.
- un homme qui n’existe pas en tant que tel.
- un homme qui accepte de se soumettre seulement dans un contexte sécurisant.
- un homme qui ne manipule personne, et qui ne supporte pas d’être manipulé.
Je n’écris pas ceci pour accuser, ni pour pardonner. J’écris pour nommer ce qui a été, et pour comprendre ce que je suis devenu. Le reste, je le laisse à ceux qui liront.
Les cartes reçues au début de votre vie étaient horribles et les personnes qui auraient dû rectifier le tir ne l'ont pas fait. Mais les écrits que vous publiez ici et vos réponses aux commentaires prouvent que vous n'êtes pas tout à fait « un animal sauvage ». Courage à vous deux, le petit Jiru qui a manqué de tout et à vous, l'écorché vif.
RépondreSupprimerMme Chapeau. Le couage fluctue selon l'humeur. Aujourd-hui je commence un traitement léger au Xanax, pour essayer de diminué les crises qui m'assaillent. Naïf que je suis, j'espère que ce dernier fera réfléchir certains sur l'impact qu'ils ont sur leur progénitures.
SupprimerEspérons que ce traitement vous aide.
SupprimerTu es un survivant dans un monde hostile. Tu es comme le lierre que l'on accepte et rejette à convenance et qui est beau et ne demande qu' à pousser. Tu es la vie.
RépondreSupprimerNina. Merci de votre passe et de votre commentaire. Je ne suis pas certain d'être la vie, je le suis pour ce qui est de la survie.
SupprimerUn écrit poignant qui me bouleverse profondément.
RépondreSupprimerBonne journée.
Carla
Dame Carla. Je vous présente de nouveau mes excuses. Je pensais que l'avertissement en introduction éviterait votre émoi. Bonne journée.
SupprimerCe commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
RépondreSupprimerNon, vous n’avez pas à vous excuser. Ce que vous avez vécu est terrible d’où mon émotion. Si vous me le permettez, je voudrais que vous sachiez qu’il existe des amitiés virtuelles qui peuvent être sincères. Il faut juste le vouloir et le croire.
RépondreSupprimerBelle fin de journée.
J’aime beaucoup votre Dame Carla, cela me touche encore. Merci.
Carla
Dame Carla (ce sera définitivement un forme de respect vous concernant). Mon témoignage n'est à lire qu'à titre d'information pour raisonner les adultes en charge d'éduquer. Actuellement on fait des prêches et des promesses aux actualités pour rectifier la maltraitance, et la protection de l'enfance. Cela me sourire amèrement... Mon parcours est intergénérationnel, ce qui signifie que ce problème remonte à la fin du 19e siècle, et qu'il persiste deux siècles plus tard. J'aime la musique, basiquement, mais je hais les "joueurs de pipeau".
SupprimerVous permettre... Dans le principe de dissonance il n'y a pas de règle, sinon la dissonance n'aurait pas lieu d'être. Je crois en la sincérité ; quant à l'amitié... ce sera certainement un sujet de post prochain.
L'idée d'amitié au sens empirique est attractive ; elle permet une sociabilité. Mais je vais pas m'étaler davantage sinon je n'aurai plus de sujet de post à écrire. Sourire.
Douce journée à vous.
Vous êtes mon unique correspondant, et je suis ravie de ces échanges épistolaires, ils permettent d’oublier le temps qui coule, et il passe bien trop vite pour la vieille dame que je suis.
RépondreSupprimerTrès belle journée à vous.
Carla
Dame Carla, je reviens vous répondre, la précédente était trop intrusive. Je ne suis plus jeune non plus et l'impression de ce Temps qui nous file entre les doigts m'est commun depuis mon enfance. Une chose à préciser, votre commentaire n'apparait pas dès que vous l'écrivez car je dois le valider avant que ce dernier apparaisse, soyez indulgente envers ce laps de temps... et si vous désirez communiquez en dehors de ce blog, dites le moi...
SupprimerBonne fin de journée à vous et aux vôtres.
Cela me ferait grand plaisir d échanger avec vous.
RépondreSupprimerJe n’ai pas à me montrer indulgente, car j’avais compris qu’il fallait que vous sélectionniez et validiez tous les commentaires reçus.
Très belle fin de journée.
Carla
Merci beaucoup. Une marque de confiance qui me va droit au coeur.
RépondreSupprimerJe vous écrirai à votre adresse e-mail. Merci encore.
Belle soirée.
Carla
Ce que vous avez vecu je ne le connais que trop , j ai été de l'autre coté du mur car j'ai récupéré les enfants qui avaient subi des matraitances et lorsqu ils m'étaient confiés c'était pour amoindrir leurs souffrances, je regrette que vous n'ayez pas eu cette chance.....
RépondreSupprimerLa vie s'acharne sur certains, mais aucun des enfants dont je me suis occupée n'a la profondeur de vos écrits, j'aime vous lire chaque fois je suis émue et impactée par vos propos.
Je pense qu'aujour'hui vous etes dur avec vous même même si la mémoire reste votre bourreau.
Soyez fier du chemin parcouru je suis sure que vous êtes une guimauve.................offrez nous encore de superbes billets.